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Prévention : les 10 commandements du directeur d’EHPAD

En tant que pilote de la démarche de prévention au sein de votre établissement, votre rôle dans la réussite de votre projet est incontournable. Si la majeure partie du travail opérationnel sera réalisée au quotidien par votre animateur et vos équipes, la construction du projet, son impact réel, et son pouvoir fédérateur dépendra en grande partie de vos actions et de la façon dont vous les présenterez. Tour d’horizon des bonnes pratiques en la matière :

1 : Développer une vision globale des risques dans l’établissement.

Si les risques liés à l’activité physiques sont la cause majeure des accidents de travail en EHPAD, ils ne sont pas les seuls enjeux à considérer lorsqu’on initie une démarche de prévention. Il a été reconnu depuis longtemps que se concentrer sur l’apprentissage des techniques de manutention ne permettait pas d’endiguer une sinistralité qui ne cesse d’augmenter au sein du secteur. Les risques du métier (activité physique, risques psychosociaux, risques de chutes, risques chimiques…) sont tous interconnectés et seule une prise de conscience globale de cette situation vous permettra d’avancer dans la bonne direction.

2 : Développer une vision systémique de votre établissement

Comme dans toute entreprise, un problème identifié au sein d’un EHPAD a rarement une seule cause simple et identifiable. L’humain, l’organisation et la technique interagissent en permanence et une erreur courante est d’agir sur les problèmes de façon réductrice en ne considérant que la partie émergée de l’iceberg. Des salariés qui se blessent régulièrement, c’est un signe de dysfonctionnement multifactoriel, que l’on peut rarement ramener à de simples erreurs humaines.

3 : Ne pas confondre outils et solutions

Les aménagements, achats de matériel ainsi que les formations ne sont que des outils à votre disposition. S’en servir ponctuellement sans but et sans vision prédéfinie vous apportera souvent des résultats en demi-teinte et de faible durée de vie. Ils doivent vous servir à atteindre vos objectifs au sein d’un projet global dans lequel votre personnel doit volontairement s’impliquer.

4 : Structurer et assurer le suivi

Comme tout projet de démarche qualité, une démarche de prévention doit avoir un but, des étapes à suivre et des indicateurs d’évaluation. Fixez-vous en amont des objectifs concrets, des deadlines,  et prévoyez des méthodes de communication régulières et adaptées.

5 : Bien préparer son animateur.

Lorsque vous vous engagez dans une démarche de prévention, l’animateur prévention HAPA représente votre ressource la plus précieuse pour faire vivre le projet de l’établissement dans la durée. Il sera votre binôme, la pierre angulaire du projet et le garant de sa pérennité. Il doit pouvoir travailler en confiance avec vous et avec les salariés, en toute neutralité hiérarchique, et sur base de volontariat. Une fois le profil identifié, expliquez lui en détail son rôle et les moyens que vous lui allouerez pour mener à bien le projet. Il sera ainsi bien plus impliqué et autonome dès le début de sa formation.

Le même raisonnement s’applique au reste de votre personnel. Un stagiaire non préparé, c’est un stagiaire qui peut éprouver des difficultés à assimiler ce qu’on attend de lui, au risque de se retrouver dépassé en formation. Une communication ouverte, transparente et éclairée de votre part vous assurera une motivation optimale des acteurs de la démarche au sein de votre établissement. Pour cela, assurez-vous bien d’avoir compris vous-même les programmes des formations concernées.

6 : Communiquer pour mieux fédérer

Pour souder une équipe, il faut lui donner un but et les moyens de comprendre les résultats du projet qui la concerne. Au cours du développement de votre projet de prévention, vous allez mettre en place un certain nombre d’actions basées sur les remontées de vos équipes. Communiquez sur ces actions et leurs résultats ! Mais communiquez aussi avec transparence sur les éventuels délais rencontrés pour concrétiser certaines idées. Montrez leur que le projet est vivant, qu’il apporte de nouvelles avancées régulièrement et que chacun y a sa place pour avancer ensemble.

7 : S’épauler des plus motivés

Lorsque vous formez des salariés pour alimenter un projet, vous souhaitez que ceux-ci donnent envie aux suivants de participer également. Lancez un appel à candidature et sélectionnez les plus motivés ! Evitez surtout de prendre le risque de stigmatiser certaines catégories de personnel en ne formant au début que ceux ayant eu le plus d’accidents, ou par exemple uniquement certaines tranches d’âges. Votre projet est global, doit inclure tout le monde progressivement et doit être vécu comme tel.

8 : Essayer de mutualiser ses efforts

Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. Lorsque plusieurs établissements se lancent ensemble dans une démarche de prévention, ils peuvent mutualiser les coûts, obtenir des tarifs plus intéressants auprès des organismes de formation, et rencontrer plus de souplesse pour organiser les sessions. Il est plus facile de libérer 3 salariés sur un même jour que 10 d’un seul coup ! Cela permet également de se suivre les uns les autres, de partager les réussites, les bonnes pratiques, et les pistes de solutions trouvées.

9 : Accepter la notion d’investissement

Les coûts indirects de la sinistralité (temps de remplacements, de formation des intérimaires, de recrutement, de plannings) sont une des causes premières des difficultés éprouvées par le personnel au quotidien, et donc pour la structure. Le temps et les ressources engagées pour la prévention sont toujours payants à moyen et long terme, l’absentéisme étant le premier indicateur à enregistrer une forte baisse dès les premières actions concrètes. Le temps et l’argent récupérés une fois la démarche instaurée dépassent très largement les investissements initiaux. Mais cela demande de l’organisation, de l’implication et une vision structurée.

10 : Garder une vision à long terme

Une démarche de prévention, ce n’est pas un sprint ! Cela demande, petit à petit, d’inverser le paradigme du management descendant pour aller progressivement vers un management participatif. Cette nouvelle culture peut prendre du temps à s’instaurer, mais cela se fera au fur et à mesure que le personnel apprendra à utiliser les outils nécessaires à la prévention. En tant que pilote, votre motivation et votre implication feront toute la différence pour pérenniser la démarche. Avec votre animateur, vous formerez le binôme moteur du projet. Si votre projet est clair dès le départ, si vous maintenez le cap sur les étapes promises et si vos équipes s’en rendent compte chaque jour, elles vous suivront et vous atteindrez vos objectifs.

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