Personne âgée et communication

12 Juin, 2019

L’isolement social est un mal qui touche un grand nombre de personnes âgées. Les causes en sont multiples. En effet, le départ en retraite et la diminution des capacités motrices, par exemple, peuvent créer des modifications majeures dans la sphère sociale de la personne âgée. Cependant, une des causes principales de cet isolement provient du changement de méthode de communication employée.

La communication avec la personne âgée est primordiale ! Toutefois, elle est souvent mise à mal lorsque les deux interlocuteurs ne sont pas sur le même mode d’échange. C’est le cas pour beaucoup de personnes âgées. Leur capacité de communication étant dégradée, il est parfois difficile pour elles de s’exprimer, mais aussi de comprendre. Cependant même en cas de diminution de l’audition, de la vue ou des fonctions cognitives, il est important de ne pas renoncer à la communication. Une adaptation de sa façon de faire sera nécessaire afin de préserver les échanges et assurer une prise en charge appropriée de la personne âgée.

Comment parler avec la personne âgée ?

La communication est plus qu’un simple échange de paroles, il s’agit d’un processus verbal et non-verbal permettant à des individus de se rendre accessible l’un à l’autre.

 

1/ La personne âgée et la communication verbale

La Parole

La parole constitue la part majeure de la communication verbale. La qualité de la voix est un critère important, parler à voix basse, à voix haute, avec un débit lent ou rapide peut influer considérablement sur le type de message transmis. Lorsqu’il s’agit d’échanger avec la personne âgée, il est important de ne pas parler systématiquement à voix haute, bien que la surdité soit courante chez les personnes vieillissantes elle n’est pas commune à tous. La voix haute peut être perçue comme une forme d’agression. Il est alors important d’adapter le bon ton pour favoriser une bonne compréhension.

 

Le choix des mots

Le choix des mots ne doit pas être négligé non plus. Il est courant d’infantiliser une personne qui voit ses capacités diminuer. C’est une erreur fréquente et ce n’est pas un comportement favorisant la bonne communication. En effet, qu’il y ait trouble cognitif ou non cette forme de communication renvoie une image de soi dégradée et un manque de respect. Par exemple l’emploi de la formule « on va » n’est pas optimale (« on va se changer », « on va se laver »). Ces tournures de phrases en plus d’être infantilisantes ne sont pas objectives. Effectivement si à la base le souhait de l’interlocuteur est d’informer la personne prise en charge du soin qui va être prodigué, tout en la stimulant afin de préserver son autonomie, le résultat lui est tout autre. Il est difficile pour la personne âgée de trouver le rôle qu’elle a à jouer dans cette action. La compréhension ne sera donc pas assurée.

Pour pallier ces formulations mal adaptées, il suffit de rétablir la place de chacun dans la communication. Le « on va » deviendra « vous allez » ou « je vais vous aider à » en utilisant un timbre de voix adéquat à la discussion entre adultes.

 

L’écriture

L’écriture est également une forme de communication verbale, elle a sa place dans une logique de maintien de la communication chez la personne âgée. Elle est à favoriser en cas de difficulté d’élocution afin de ne pas isoler la personne.

Pour résumer il faudra donc prendre le temps de connaître les capacités de chaque personne sans jamais généraliser, que ce soit avec votre proche ou avec vos résidents/patients. Le meilleur moyen est de tester les diverses formes de communications pour s’adapter à chacun.

 

Se mettre à la place de la personne âgée

Il sera parfois nécessaire de tenter au mieux de se mettre « à la place de » pour réaliser à quel point le monde autour de nous va vite lorsque nos capacités sont diminuées. Pour cela, il existe un moyen efficace qui à déjà porté ses fruits. Il s’agit d’une formation qui porte le nom de « simulateur de vieillissement ». Elle est destinée aux soignants, mais aussi aux aidants familiaux. Grâce à des outils développés pour simuler les diminutions des capacités physiques, de perte d’audition et des différentes affections de la vue.

Cela permet de réaliser quels sont les changements subits par la personne âgée et d’apporter un nouveau regard sur leurs situations. En d’autres termes, pour optimiser son rôle d’aidant et/ou de soignant, il suffit d’adapter son comportement et sa communication.

 

2/ La personne âgée et la communication non-verbale

Indissociable de la communication verbale, la communication non-verbale se verra renforcée dans le cadre d’un dialogue avec une personne âgée. Il s’agit de toute forme d’échange n’ayant pas recours à la parole. Elle ne repose pas sur les mots, mais sur les gestes, le toucher, les expressions faciales, les attitudes ou même les odeurs.

 

Les gestes

Suivant les capacités de la personne âgée il faudra adapter et multiplier les gestes non-verbaux, en effet la surdité influe considérablement sur la communication verbale. Il est donc nécessaire pour la qualité de l’échange d’adopter une gestuelle adéquate. Par exemple se mettre à la hauteur du visage de la personne âgée afin d’établir un contact visuel. Une personne avec une déficience auditive favorisera alors la lecture sur les lèvres. Le contact visuel permet également d’attirer et de retenir l’attention de la personne avec laquelle nous communiquons.

 

Le toucher

La perte d’acuité visuelle impact également la communication et diminue la participation à la vie sociale de la personne âgée. Afin de préserver les échanges, une adaptation de sa méthode sera requise. Si la baisse de l’audition et de l’acuité visuel sont courantes chez le public vieillissant, le toucher est quant à lui beaucoup moins impacté. Dans ces conditions il faudra donc favoriser le toucher, qui permettra d’établir un lien avant de formuler une quelconque parole. Il sera également souvent important de guider la personne afin d’assurer une bonne compréhension de celle-ci.

 

3/ La communication avec la personne âgée atteinte de démence

Les difficultés de communication peuvent apporter un sentiment de frustration aussi bien pour celui qui cherche à faire passer un message que celui qui le reçoit. Il n’est donc pas rare de voir une diminution flagrante ou un arrêt total de la communication quand l’un ou l’autre des interlocuteurs ne montre pas ou peu de signes d’écoute et/ou de compréhension. C’est le cas par exemple de personnes souffrant de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer. (Pour plus d’informations sur l’accompagnement des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, c’est ici)

 

Diversifier les outils de communication

Préserver la communication avec ces publics est essentiel. La multiplication des outils de communication est véritablement nécessaire pour la conservation de l’échange avec les personnes âgées. Il faudra trouver le bon équilibre entre le toucher, la parole et l’attitude. Cela par le biais de moments de partage ou d’activités stimulant la communication.

 

Les émotions

Les personnes atteintes d’une démence réagissent souvent avec beaucoup d’émotions diverses et variées, il est alors important de toutes les analyser afin d’accompagner cette personne de la meilleure manière possible.

 

Conclusion

Le vieillissement apporte une multitude de changements. Pour ne pas tomber dans les généralités quant aux symptômes de la vieillesse, il est important de savoir quels sont les troubles ou les difficultés de votre interlocuteur. Chaque individu a ses caractéristiques propres et mérite donc de pouvoir communiquer selon ses besoins et ses capacités.

Ne pas adapter ses méthodes d’échanges aux capacités de la personne âgée peut créer un sentiment de frustration, de non-respect et une dégradation de l’image de soi. Cela peut également entraîner une difficulté de prise en charge et une augmentation des risques pour le soignant. En effet, la participation de la personne étant possiblement compromise en cas de mauvaise compréhension, les risques et la charge de travail pour le soignant sont plus élevés.

Il est donc important de ne pas oublier que malgré les diminutions de certaines facultés chez la personne âgée le besoin d’échanger lui reste bel et bien présent. Avec des outils simples et à la portée de tous, la communication peut perdurer.

Le manque de communication est une menace pour l’équilibre émotif de la personne âgée.

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